Nauru

Début de MSF dans le pays:
2017
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Nauru
MSF no longer works here.

Médecins Sans Frontières (MSF) a commencé à travailler à Nauru en 2017, mais a dû quitter le pays de manière inattendue en octobre 2018, laissant derrière elle des centaines de patients vulnérables, lorsque le gouvernement nauruan a déclaré que ses services « n'étaient plus nécessaires ».

MSF a commencé ses opérations à Nauru en 2017 après avoir constaté la gravité des problèmes de santé mentale au sein de la population. Les équipes ont identifié des cas de schizophrénie, de violences familiales et des niveaux alarmants de dépression, en particulier chez les enfants. La situation des demandeurs d’asile et des réfugiés était particulièrement préoccupante : beaucoup vivaient sur l’île depuis jusqu’à cinq ans, sans perspective de réinstallation sûre et avec peu ou pas d’espoir pour l’avenir.

One door for all

En accord avec le ministère de la Santé de Nauru, MSF a lancé fin 2017 des services psychologiques et psychiatriques intégrés selon le principe du « one door for all ». Cette approche visait à garantir un accès unique aux soins pour tous, indépendamment du statut ou de l’origine, et à assurer la continuité des traitements.

Fin des activités

Malgré cette coopération, la présence de MSF sur l’île a pris fin de manière soudaine en octobre 2018. Sans avertissement préalable, il a été annoncé que les services de MSF « n’étaient plus nécessaires » et l’organisation a reçu l’ordre de quitter Nauru. Cette décision a laissé de nombreux patients sans soutien médical adéquat.

two hands holding

Téléconsultation

Afin de respecter son engagement médical envers ses anciens patients, MSF a lancé en février 2019 un service gratuit de téléconsultation en santé mentale. Ce service offrait un soutien psychologique à distance aux anciens patients, y compris des ressortissants nauruans, des demandeurs d’asile et des réfugiés. L’objectif était d’assurer la continuité des soins pour des personnes restant extrêmement vulnérables.

Cependant, deux semaines plus tard, le gouvernement de Nauru a interdit la télémédecine dans le pays. Cette décision a une nouvelle fois contraint MSF à suspendre ses services, privant ainsi de nombreuses personnes d’un accès essentiel aux soins de santé mentale.

La situation à Nauru illustre de manière frappante comment des décisions politiques peuvent avoir des conséquences directes et profondes sur la santé mentale et le bien-être des populations vulnérables. Sans un accès durable et adéquat aux soins psychologiques et psychiatriques, tant la population locale que les demandeurs d’asile et les réfugiés restent dans une situation extrêmement précaire.